22 août 2011

23e édition du Visa pour l’Image de Perpignan

Du 29 août au 11 septembre prochain, Perpignan ouvre ses portes au Visa pour l’Image, le festival International du Photojournalisme.



Pour la 23e année consécutive, ce festival accueille des photographes et des journalistes du monde entier venus débattre en images de l’actualité de l’année écoulée.
Chris Hondros, Tim Hetherington, Anton Hammerl et Lucas Dolega ont été tués lors du printemps arabe. Cette édition du festival leur rend hommage.


Une trentaine d’expositions sont prévues et en accès libre. On retrouve par exemple les lauréats du World Press 2011, exposés il y a quelques mois à Paris, mais aussi une sélection de photographies sur les événements du Japon, choisie par la revue Days Japan. Les visiteurs du festival pourront découvrir des reportages forts : Lu-Nan, photographe chez Magnum, a effectué un travail documentaire remarquable sur les patients psychiatriques en Chine.

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Les activités de plein air sont limitées dans ce centre psychiatrique de Pékin. Les patients se promènent, s’assoient, et certains s’amusent à sauter. ©Lu-Nan / Magnum Photos

Jocelyn Bain Hogg, membre de l’agence VII, nous emmène au cœur des réseaux criminels britanniques, sur les traces des héritiers des caïds qu’il avait photographiés dans son reportage The Firm.

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Les frères Pyle (Mitch, Warren, Joe, Alan) et Teddy Bambam devant le bar Le Beauchamp à Knightsbridge. © Jocelyn Bain Hogg - The Family

Ed Ou (Getty) est récompensé par le Prix du jeune reporter de Perpignan pour son reportage sur les enfants soldats en Somalie.

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Mogadiscio, 24 avril 2010. © Ed Ou / Reportage by Getty Images pour The New York Times Prix du Jeune Reporter de la ville de Perpignan 2011

Le photographe Jonas Bendiksen (Magnum) revient sur les inondations au Bangladesh. Yuri Kozyrev (Noor) retrace quant à lui « les chemins de la révolution » en Egypte puis en Lybie…

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Des rebelles libyens hissent leur drapeau à un poste-frontière. Ras Lanouf, Libye, 8 mars 2011. © Yuri Kozyrev / Noor pour Time

En parallèle des expositions, des tables rondes et lectures de portfolio permettent aux photographes et aux journalistes de se rencontrer et de discuter. Parmi ces rencontres, Joao Salvao, photographe de guerre blessé par une mine en Afghanistan, animera une session de Transmission pour l’image.


Des projections nocturnes au Campo Santo font le point sur l’année photojournalistique écoulée. Comme chaque année à l’issue de ces soirées, nous découvrirons les lauréats des différents prix : les Visa d’or (News, Magazine, Presse quotidienne), le prix du jeune reporter de la ville de Perpignan, le prix Canon de la femme photojournaliste, le tout nouveau Visa d’or Humanitaire du Comité International de la Croix Rouge, le prix de l’Association Nationale des Iconographes, mais aussi des bourses attribués par Getty Images et la Fnac.


Des photographes tels que Stéphanie Sinclair (VII), Damon Winter (New York Times), Brent Stirton (Reportages by Getty), Lizzie Sadin, Todd Heisler, ont été récompensés les années précédentes par ces Visas d’or.


Victoria Scoffier



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©Emanuele Scorcelletti


« Nous sommes le dernier bastion »
Rencontre avec Jean-François Leroy, le fondateur et le directeur du Visa pour l’Image.




Pourquoi avez vous créé Visa pour l’image il y a 23 ans et quelle est sa raison d’être aujourd’hui ?


Dans les années 1980 il existait déjà des festivals de photographie, mais aucun ne traitait spécifiquement du photojournalisme. Visa pour l’image est venu combler cette lacune. A l’époque, je connaissais des centaines de photographes qui vivaient de leur métier. Aujourd’hui, ce nombre s’est considérablement réduit. Notre festival les met au devant de la scène et démontre aux rédactions que le photoreportage intéresse encore les gens ! L’an dernier, plus de 225 000 entrées aux expositions ont été enregistrées. Durant la semaine scolaire, 9000 étudiants sont venus nous rendre visite. Visa pour l’image fait partie des rares et derniers bastions indépendants du photojournalisme.


Comment comprendre dès lors la crise du photojournalisme ?


Depuis la création du Visa pour l’image, le métier a considérablement changé. Avant, les journaux étaient tenus par des journalistes. Aujourd’hui, ils sont aux mains des banquiers et du marketing. Ces derniers cherchent à réduire les coûts, de ce fait les rédactions achètent de moins en moins de photos et les payent de moins en moins cher. Le prix des journaux ont été divisés par 4 ou 5… Il y a 10 ans, personne n’aurait pu prédire cette crise. Qui sait aujourd’hui de quoi sera fait l’avenir du photojournalisme ?


Pourtant, en parallèle, les prix de photographie et les bourses se multiplient…


La profusion de récompenses décernées aux photographes découle de la crise du photojournalisme. C’est une des solutions permettant aux photographes de vivre encore de leur métier. Auparavant, j’étais contre ces bourses. Aujourd’hui j’y suis favorable car elles permettent de soutenir les projets des photographes. Visa pour l’image distribue plus de 150000 euros chaque année, ce qui a de quoi faire pâlir d’envie bien des rédactions !


Propos recueillis par V.S.



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