15 avril 2016

Les dessous de l’image

Mine mongole

Elliott Verdier

Chaque semaine, un photographe décrypte l’une de ses images qui l’a marqué



« En octobre dernier, je pars en Mongolie pour flairer un nouveau sujet à photographier. Je rencontre des étudiants en français à Oulan-Bator, la capitale. Ils acceptent de jouer les interprètes et me parlent d’une mine de charbon datant de l’ère soviétique, fermée depuis les années 1990 mais exploitée illégalement par des petites compagnies.


J’ai de la chance : quand j’arrive dans la zone d’habitation, faite de yourtes, je croise un vieil homme qui travaille à la mine. Il nous emmène en voiture. Le paysage est lunaire. Des trous un peu partout, des bâtiments abandonnés, des hommes qui s’activent dans une décharge… ça fait froid dans le dos. L’homme nous présente à ses collègues. Ils acceptent de me descendre à 200 mètres dans un trou. L’ambiance est virile. Un ouvrier me fait une blague : il m’envoie dans un recoin du tunnel – il n’y avait pas d’oxygène !



Au moment de partir, j’entends du bruit dans un baraquement abandonné. Un homme en sort et me dit de ficher le camp. J’insiste. Je finis par monter, seul, à l’étage. J’ouvre la porte et tombe en plein repas… J’ai juste eu leur accord pour prendre cette image, j’ai dû rester à peine une minute dans la pièce, je n’étais pas le bienvenu... »


Propos recueillis par Victoria Scoffier



Trait de s?paration
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