31 mai 2012

En Géorgie, un festival engagé

La troisième édition du « Tbilissi Photo festival » vient de s’ouvrir dans la capitale géorgienne, avec une riche programmation, placée sous le signe du témoignage et de l’engagement.



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© Newsha Tavakolian


Dans l’imaginaire occidental, la Géorgie est un bout de terre un peu flou, associé à la guerre contre Moscou. Mais les étrangers qui la foulent y retournent presque toujours, conquis par les rues tortueuses et les palais de Tbilissi, les rives de la mer noire, les champs de vignes, les sommets du Caucase et l’hospitalité des habitants. Il suffit de les faire venir une première fois. Le gouvernement géorgien s’y attèle depuis quelques années en développant les infrastructures touristiques et les festivals internationaux. La troisième édition du « Tbilissi Photo festival » vient d’ouvrir, avec une programmation éclectique et engagée.


Syrie, témoins du chaos


Les fondateurs du festival, la directrice de la maison géorgienne de la photographie Nestan Nijaradze et le photographe français Lionel Charrier, ont rassemblé des photographies inédites sur la guerre civile en Syrie.


Les images de Rémi Ochlik, tué à Homs en février, William Daniels, Seamus Murphy, Alessio Romenzi ou encore Mani, se mêlent aux clichés de Syriens anonymes, pris au cœur du conflit. Une table ronde réunira des exilés syriens et le journaliste et écrivain Jonathan Littell, envoyé spécial à Homs pour le Monde début 2012.


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Syrie © Seamus Murphy (VII)


Sur la route de Tchétchénie


Invité d’honneur du festival, le photographe américain Stanley Greene expose son travail sur la Tchétchénie, réalisé lors des conflits qui ont ravagé ce confetti du Caucase entre 1994 et 2003. Il débattra avec trois jeunes femmes russes, Olga Kravets, Maria Morina, et Oksana Yushko, co-auteurs de Grozny, Nine cities, sur la Tchétchénie d’aujourd’hui.

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On the road to Chechnya © Stanley Greene


Sous le voile de l’Iran


Sans crainte de briser les tabous, neuf photographes iraniennes interrogent leur société, ses faux-semblants, sa soif de liberté et la place qu’elles y tiennent. Shadi Ghadirian présente des portraits conceptuels d’Iraniennes en tchador, une passoire ou un fer à repasser à la place du visage. Tahmineh Monzari, arrêtée à Téhéran le 18 février dernier, s’est plongée dans le monde des femmes SDF d’Iran. Maryam Rahmanian a photographié des entrainements de ninjas iraniennes…

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Like Every Day © Shadi Ghadirian


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Femmes iraniennes SDF © Tahmine Monzavi
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© Tahmine Monzavi
























Voyage autour de la mer Noire


Cette année, le festival de Tbilissi se tourne aussi vers sa région, coincée entre l’Europe et l’Asie. Les images d’une dizaine de photographes partis capter les couleurs de la Mer noire sont rassemblées : Voyage d’hiver de Klavdij Sluban, Chronique et fiction de Vanessa Winship (Vu), l’Abkhazie de Giorgui Pinkhassov (Magnum) ou encore les photographies de Philippe Guionie et Youri Kozyrev…

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© Yuri Kozyrev


La Géorgienne Natela Grigalashvili s’est tournée vers son village natal. Son « Abécédaire » de mots et d’images raconte avec tendresse un pays encore habité par ses traditions.

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Abécédaire Géorgien © Natela Grigalashvili


Les portraits de Géorgiens au 19e siècle offrent enfin un voyage dans le temps. A l’époque, princesses, commerçants, derviches, femmes tatares en tchador, défilaient dans les « cabinets de portrait » de Tbilissi et posaient en habit du dimanche devant des décors de montagnes caucasiennes.

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© Tbilisi History Museum Collection
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La Nuit de la Photographie


Comme les années précédentes, La Nuit de la Photographie, organisée le 2 juin en partenariat avec la Nuit de l’année des Rencontres d’Arles, sera l’occasion pour les visiteurs de déambuler à travers la capitale géorgienne.


Dix écrans géants seront accrochés dans les rues du vieux Tbilissi. Ils projetteront une partie du programme arlésien, enrichi d’une sélection originale de photographes géorgiens, arméniens, turcs, azéris, russes, ainsi que des reportages de l’agence afghane « Afghan Eyes ». Comme chaque année, cette nuit sera accompagnée de supra, un banquet géorgien en plein air.


Léna Mauger


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Homs, Syrie, février 2011 © William Daniels


Festival de photographie
29 mai – 4 Juin 2012
Tbilissi, Géorgie



Trait de s?paration
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