27 mai 2016

Les dessous de l’image

« Spontanée »

Stephen Kelly

Chaque semaine, un photographe décrypte l’une de ses images qui l’a marqué



« En 2009, je suis parti à Qi Lihe, une ville industrielle au nord-ouest de la Chine, pour photographier les Hui et les Dongxiang, des minorités de musulmans ruraux. La sécheresse a rendu la plupart de leurs terres infertiles. Ils ont été obligés de les quitter pour s’installer en ville.


J’ai rencontré plusieurs familles. Quand je travaille, je prends mon temps, je reviens chez les gens… ça m’aide à trouver exactement l’image que je veux faire. Avec cette photo, c’est le contraire. Elle est spontanée, et c’est ce que j’aime.


J’entrais dans un bâtiment pour rencontrer une famille. Je me tenais à la rampe car l’escalier descendant à la cour était très raide. Et là, je vois cette scène. Parfaite. La lumière, la disposition des câbles, rien n’est calculé, c’est du pur hasard. J’ai à peine le temps de lever mon appareil et de déclencher. Une seconde plus tard, la scène avait changé. J’ai pris un seul cliché.



Il incarne tout de la situation de ces gens. Les murs sont noirs de charbon, l’humidité de l’air est forte, l’installation sommaire… La femme est perdue au milieu de l’image avec son bébé, comme cette communauté est perdue dans cette ville gigantesque. Elle vit là parce qu’elle n’a pas le choix. »


Propos recueillis par Victoria Scoffier



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