5 septembre 2011

Kadhafi en famille

Un photographe du New York Times a récupéré des photos de famille du Guide au moment où les rebelles libyens pénétraient dans sa résidence de Tripoli.



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© New York Times / REA

Ce vendredi 23 août, Tyler Hicks, photographe pour le New York Times, n’a pas ramené ses meilleurs clichés grâce à son objectif. À Tripoli, le quartier général de la famille Kadhafi vient de tomber. Les rebelles se vautrent dans les canapés recouverts d’or, plongent dans les piscines, tombent sur des documents secrets, épluchent les factures des véhicules blindés à 300 000 euros…


Au milieu des résidences, parmi les pillards qui emportent vaisselle et literie, un homme file, une série d’albums grand format sous le bras. Tyler Hicks l’aperçoit. D’un signe, le reporter lui demande d’où vient sa prise. On lui désigne le sous-sol d’un bâtiment discret, soufflé lui aussi par les bombardements aériens. Une torche à la main, il inspecte ce qui ressemble à une salle de projection privée.


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© New York Times / REA


Cassettes vidéos et photos en pagaille jonchent le sol et remplissent les étagères : des poignées de main surtout… Mandela, Arafat, Castro : le guide au sommet de sa gloire tutoie tous les dirigeants de la planète. Saïf al-Islam, l’héritier désigné, trône fièrement sur un pur-sang, format poster.


Au milieu de ces clichés en costume d’apparat, des photos de famille d’une banalité absolue. Kadhafi joue au foot avec les enfants, Kadhafi fête l’anniversaire d’un bambin, le petit Saïf al-Arab se fait circoncire… Les rideaux sont kitchissimes, les survêtements multicolores des années 80 aussi et le style est loin d’être clinquant. Des portraits sans fard, sans cadrage étudié, sans sourire travaillé, comme ceux qu’on accroche au mur ou qu’on offre aux grands-parents.


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© New York Times / REA


Tyler Hicks était en Irak. Il a vu les pillards à l’oeuvre. Il veut protéger ces clichés qui racontent une autre histoire. Le photographe récupère ce qu’il peut, sans trop savoir ce qu’il emporte. Souvent l’explosion a noirci le verre des cadres, impossible de distinguer les visages. Il les découvre une fois en sécurité. Tyler Hicks ne souhaite pas garder les clichés, ni les emmener loin de la Libye. Il a déjà passé un accord avec un officiel libyen pour s’assurer de la conservation des documents.


Mathilde Boussion


Voir l’article du New York Times et l’ensemble des photos sur Lens, le blog du quotidien consacré à la photographie



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