21 novembre 2011

L’"IPhotojournalisme", une nouvelle mode

Couleurs saturées, format carré, bordure sombre… Les photos réalisées avec un Iphone et soumises à l’application Hipstamatic envahissent depuis peu la presse, le net, les agences… Le photoreportage réalisé avec un IPhone est né et prend une place de plus en plus importante dans le milieu du photojournalisme.



En octobre, la Une du Monde affichait des photos de Tunisie prises au IPhone par Karim Ben Khelifa ; Libération publiait au même moment un reportage de Corentin Fohlen sur une ville ouvrière tunisienne, pris également au IPhone. Les prix photos s’y mettent : l’an passé, le « Picture of the Year International » récompensait un travail sur l’armée américaine en Afghanistan réalisé avec ce téléphone portable par Damon Winter. Les grandes agences suivent le mouvement : Getty Reportage présente sur son site internet deux reportages au IPhone de Benjamin Lowy, en Afghanistan et en Libye.

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Libération, 25 octobre 2011. Photos de Corentin Fohlen.


Pourquoi cet engouement ?


Pour les photographes, le IPhone – comme tout téléphone portable, au détail près qu’il offre une meilleure qualité - permet d’exercer le métier incognito. « Dans certains pays sous tension, s’afficher comme photojournaliste peut s’avérer très dangereux. Avec mon IPhone, au Yémen ou en Tunisie je pouvais sans problème me faire passer pour un manifestant. C’est une question de sécurité », explique le photographe Karim Ben Khelifa.

Le chercheur en culture visuelle André Gunthert compare volontiers l’IPhone au Leica des années 1930 : « À l’époque, l’arrivée du Leica sur le marché a provoqué un enthousiasme et des remous similaires : plus petit, plus léger, et surtout silencieux, le Leica permettait de prendre des photos en toute discrétion. Mais peu de professionnels le considéraient comme un appareil photo sérieux ».

Pour Nicolas Jimenez, responsable du service photo du Monde, cette évolution n’offre pas matière à polémique : l’IPhone n’est selon lui rien d’autre qu’un moyen pour le photographe d’assurer sa sécurité. « Si l’image garde son intérêt journalistique, si elle contient des informations non modifiées et si elle s’inscrit dans le recul propre au photojournaliste, je ne vois pas d’objection à publier des photos prises avec un IPhone. C’est un outil comme un autre », affirme-t-il.

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La Une du Monde du 23-24 octobre 2011. Photo de Karim Ben Khelifa.


La mode du bleu


Pourtant, ce n’est pas le fond qui saute aux yeux dans une photo prise au IPhone, mais bien la forme. Les photos de Karim Ben Khelifa, si elles ont été prises avec cet outil par souci de sécurité, sont filtrées et esthétisantes. Celles de Corentin Fohlen s’inscrivent dans la même veine. Le photographe assume ce parti pris esthétique : « Il faut bien reconnaître que les photographes aiment d’abord l’aspect ludique et artistique qu’offre ce téléphone. La photo au IPhone n’aurait aucun intérêt sans le filtre Hipstamatic. Grâce à lui, n’importe quelle photo correctement cadrée devient belle ». Parmi les photos qu’il a envoyées de Tunisie, la rédaction de Libération a d’ailleurs choisi de ne publier que celles prises au IPhone.

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Quartier populaire de Tunis, boutique de couture.Tunisie, Octobre 2011. © Corentin Fohlen.


Nouveau genre ou effet de mode ?


L’application du filtre, unique et identique chez tous les photographes utilisant l’IPhone, ne risque-t-elle pas d’appauvrir la photographie ? Pour Lorenzo Virgili, photographe et fondateur de Freelens, une association de réflexion sur la place de l’image dans la société, il y a plus grave : l’IPhone, en démocratisant la prise de photos esthétiques, menacerait la profession. « Beaucoup de titres de presse dont les finances sont limitées feront appel à la photo amateur, ou demanderont à leurs journalistes envoyés en reportage de remplir aussi le rôle de photographe, explique-t-il. Bien sûr, les grands quotidiens n’en sont pas là, mais c’est toute une frange de petits journaux et de sites Internet qui sont concernés ».


L’IPhone seul ne fait pas une bonne photo. L’oeil du photographe est indispensable. Mais si les rédactions, bluffées par un rendu séduisant, ne s’en rendent pas compte, les photographes ont du souci à se faire.


Victoria Scoffier



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Commentaires Comments
  • Voici le lien si cela vous interesse : L’interview de Richard Koci Hernandez
    http://mophoapp.tumblr.com/
    Je voulais juste preciser que les images exposees dans l’interview ne sont pas du photojournalisme, bien que ce photographe le soit ’a l’origine. Mais le contenu de l’article rejoint toutes les categories.
    Je me permets de vous montrer une de mes images faites ’a l’origine ’a l’Hipstamatic et edite ensuite uniquement sur mon iPhone. Le mouvement Occupy Chicago, tire de Occupy Wall Street vient de lancer leur premiere edition papier faite par des journalistes et etudiants en journalisme. Ils l’ont choisi pour leur Une.
    http://www.facebook.com/photo.php?f...

    Horstmann 12 décembre 2011 06:42
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  • Bonsoir,

    Je vis aux Etats-Unis et ai hate d’avoir ce numero en vrai dans les mains !
    Au sujet du debat, je vous invite ’a lire l’interview (en anglais) de Richard Koci Hernandez, photographe americain nomine pour l’un des prestigieux prix Pulitzer et professeur ’a Berkeley (multimedia et photojournalisme). Tout y est dit. Pour moi, le debat n’est pas de savoir si on se lassera de l’Hipstamatic ou non, si c’est un phenomene de mode ou non.. L’image est-elle bonne ou non ? SLR ou iPhone avec Hipstamatic ? On ne doit pas reconnaitre le filtre qui est derriere mais juste plonger dans une image.

    En revanche, le debat sur la democratisation de l’iPhone camera, est interessant. En fait, cela rejoint celui de la multiplication des appareils faciles ’a utiliser, et donc des photos qui inondent le marche. Mais la camera ne fait pas le bon photographe.. Et l’iPhone n’y changera rien ! A lire absolument l’interview de Richard Koci Hernandez ! (Je joins le lien dans le post suivant) !

    Horstmann 12 décembre 2011 06:22
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  • Merci à Karim pour ses liens et son point de vue.
    Merci aussi à Jacques Cousin dont j’aimerais bien voir les images.

    JMP

    1er décembre 2011 14:46
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  • Bonjour,
    Je vais déborder un peu du strict sujet du photojournalisme.
    Pendant 10 ans, j’ai photographié avec des téléphones mobiles. Iphone (première génération, donc photographies de mauvaises qualités en terme de résolution), vieux sony... Il faut savoir ce que l’on fait et photographier avec un téléphone mobile a un sens pour celui qui veut bien questionner sa démarche, autrement dit ne pas être dupe. Pourquoi utiliser un téléphone mobile plutôt qu’un appareil jetable ou un petit compact ou un reflex ? Raisons financières, praticité, discrétion... Ce sont des raisons techniques, je dirais. Il y a aussi des raisons esthétiques. Le téléphone mobile c’est L’OBJET du XXIè. Avec lui, on fera tout. Fascinant et terrifiant à la fois. Il symbolise l’instantanéité des sociétés actuelles : pratique pour la presse pour avoir au plus vite des images, économie... J’utilise le mobile comme si j’utilisais un polaroid (je ne dis pas que c’est la même chose). Avec lui, je me situe dans la "photo sensation", et non dans la photographie spectaculaire. Avec des imperfections : photo pauvre, floue, pixellisée, qui manque de profondeur : remettre de l’humain, du sentiment, du sensible à partir d’un objet qui symbolise la froideur et la cupidité de notre époque.
    L’application Hipstamatic correspond bien à ce que l’on vit : recherche d’une histoire, d’un passé, d’un socle, d’une base, d’une identité en utilisant un procédé qui rappelle de vieilles photographies, accentuer les contrastes (comme dans la langue avec l’utilisation des superlatifs, exemple du mot "trop"). Notre époque uniformise, gère de l’humain, rend la pensée poétique difficile voire la pensée tout court (on nous donne des modèles clé en main). On essaie de s’en échapper mais on utilise un produit de mode. Pas facile de s’extraire des pattes du système.
    Bref, remettre de l’espace, du temps, de la distance pour redonner aux évènements du sens. Questionner sa démarche. Et je remercie certains qui s’y engagent avec beaucoup de courage, ça fait du bien à la tête.

    Roddy Laroche Samsonoff 28 novembre 2011 11:59
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  • vu votre orthographe, continuez à faire de la photo !...

    27 novembre 2011 10:06
    Trait de séparation
  • On pourrait en parler un long moment... mais l’outil reste fondamental dans la démarche choisi par le photographe, je ne suis pas certains qu’un tirage d’iphone, aussi propre soit-il, me fasse de l’effet, pourtant une image forte se justifie par son contexte, sa composition et par dessus tout, son sujet. L’iphone n’est alors qu’un outil, un simple medium pour rapporté une vérité brute, qui ne se soucie guère des conventions... débat difficile mais nécessaire, doit on sacrifier l’aspect technique du métier de photographe au simple profit de la facilité ? Plus fondamental, être muni d’un Iphone et d’Hipstamatic fait il des utilisateurs, de potentiels photographes de crise ? Malheureusement la tendance porte à croire que oui...puisque les journaux sont friands de ce genre de technologies.
    Ne nous leurrons plus, aujourd’hui, la presse ne paie plus ses photographes, j’ai moi même expérimenter les joies du reportage bidon payé 35 Euros la journée de 12 voir 15 h...
    Imaginez l’aubaine... un rédacteur muni d’un iphone avec quelques apps biens senties, et on économise un photographe, voir tous les pigistes... que dis-je ? TOUS les correspondants photo !
    Triste caricature certes, heureusement le métier de photographe c’est aussi le relationnel, le savoir être, et surtout être au bon endroit au bon moment, et c’est qualités ne se monnaient pas encore sur l’APPSTORE.
    En ce qui concerne les photos de Nachtwey, je dirais simplement que son tireur fait du bon travail, et qu’il à droit de retoucher ses images pour en tirer la quintessence.
    Je comprends malgré tout la complainte de la retouche, mais on ne va tout de même pas se retrouver à envoyer des raws certifiés en ftp, s’il s’agit de tiré un maximum de son ciel, de jouer sur les courbes et les contrastes, afin de modeler une atmosphère, rien de nouveau, on change encore une fois d’outil certes, mais on peut définitivement "aggraver" une scène en noir et blanc ou donner de la couleur à une photo trop fade dans un labo... et puis franchement les mecs, on parle pas de BHL là, c’est sûrement l’un des plus grands photo-reporter de notre époque, et je ne vois pas en quoi retoucher une image ou un portfolio peut changer l’intégrité de son travail !

    J.

    Joe 24 novembre 2011 14:29
    Trait de séparation
  • Bonjour Victoria,
    après lecture de votre article je tenais à signaler puisque vous l’avez cité que Freelens a été créée en 1962 en tant qu’organisation professionnelle. Aujourd’hui elle est une association reconnue d’utilité publique et nos actions sont plus larges que ce que vous spécifiez. Je vous encourage à venir lire l’histoire de notre structure et nos missions sur notre site htpp ://www.freelens.fr ;-)

    D’un point de vue plus personnel, je trouve l’initiative d’aborder ce sujet très intéressante. Ceci étant je pense qu’il aurait mérité un développement un peu plus important permettant à chacun de s’exprimer sur sa démarche et ses points de vue.
    Bien à vous.
    Sandra Fastre- Secrétaire Générale de Freelens

    Sandra Fastre 23 novembre 2011 13:48
    Trait de séparation
  • Je rejoins le point de vue d’Eric. Je pense aussi qu’il faut toujours avoir une sorte de méfiance vis à vis de ce que nous vendent les industriels sous couvert de nouveauté, de modernité et de plus de liberté. Là, il y a délégation à la machine le soin de traiter ses images mais cette machine pense t’elle la même chose que moi ? Comme le dit Eric, demain les industriels vont nous sortir d’autres outils, d’autres gadgets et une nouvelle mode sera lancée, mais les intérêts des industriels sont-ils les mêmes que ceux des photographes ?

    Jacques Cousin 22 novembre 2011 11:50
    Trait de séparation
  • Pour moi c’est clair : le ou les problèmes, pour les professionnels, ne viennent en aucun cas des outils ou des producteurs d’images quels qu’ils soient, mais plutôt des acheteurs et de leurs intérêts...

    Mais à titre personnel, je dois dire que j’apprécie de manière inconditionnelle Hipstamatic et la disponibilité permanente d’liPhone :-)

    Arnaud Lerondeau 22 novembre 2011 11:09
    Trait de séparation
  • Les images faitent à l’Iphone, que ce soit celles de Karim, Ben, Corentin et d’autres ne sont pas ininterressantes. Je me sers également de ce processus pour des photos de famille. Ce n’est pas l’iphone qui est en cause mais les logiciels tel l’Hipstamatic. Je ne suis pas sur que sans ce procedé nous nous penchions avec autant d’envie sur ces images...
    Nous le savons tous, nous professionnels que c’est d’une facilité déconcertante.
    Pour finir je veux bien voir des reportages (news) faient à l’Iphone mais sans ce procédé qui "bidouille" encore plus que les tirages de Natchwey...
    J’ai toujours été contre ces transformations, et que l’on arrête de me dire que nos n&b étaient tranformés au labo, car je travaillais en diapo 100 iso...
    Quand Corentin dit qu’il a besoin sur ses images de Thailande de les retoucher parcequ’elles n’ont pas de pêche, il se trompe. C’est un jeune photographe de talent, il n’a pas besoin d’artifice comme tous les photographes professionnels de qualité. Ceux qui éprouvent le besoin de ces joujoux sont forcément en manque de regard.
    Ce qui n’est pas le cas de tous les confrères cités un peu plus haut.
    Hipstamatic est une mode, quand la moitié des photographes apporteront leur sujet fait avec ce logiciel, la presse s’en lassera, et nous aussi... Mais il y aura bien une autre invention d’ici là :-)

    Eric Bouvet 22 novembre 2011 09:51
    Trait de séparation
  • Je rajouterai que l’Hisptamatic ne possède pas qu’un seul filtre mais une dizaine de "films" et d’"objectifs" différents et combinables entre eux.

    Rémi Coignet 22 novembre 2011 09:41
    Trait de séparation
  • Chers lecteurs,

    La chute de l’article ayant été mal interprétée, la voici donc modifiée...Evidemment, le regard du photographe est fondamental !...

    Cordialement
    Victoria Scoffier

    Scoffier*Victoria 21 novembre 2011 16:03
    Trait de séparation
  • Pour un photographe la question du support de ses images est centrale, elle est aussi politique. Nous devons reprendre possession des supports de nos images, peut-être avons-nous, nous photographes le devoir de faire notre propre révolution. J’étais en Tunisie entre le 4 octobre et le 26 octobre 2011, là j’ai photographié à la chambre grand format sur plaque de verre au collodion humide et j’ai développé dans la rue mes Ambrotypes. D’autres options que celles imposées par les industriels sont envisageables.

    Jacques Cousin 21 novembre 2011 14:04
    Trait de séparation
  • Demande t on a un rédacteur avec quelle marque de stylo il prend ses notes, avec quel ordinateur il rédige et envoie ses textes ? Pour ne parler que de l’écrit. C’est au contraire en se dégageant de ces questions matérielles que le photojournalisme retrouvera ce pourquoi on le convoque : être les yeux du monde posés sur l’histoire en mouvement, sur la société en marche, sur la nature en évolution, pour montrer le meilleur et le pire, la complexité sans complaisance.
    Et si les rédacteurs ont parfois "une plume", les photojournalistes ont bien le droit à "un regard", et Corentin Fohlen comme Karim Ben Khelifa n’en manquent pas.
    Peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse ;-)

    Olivier Touron
    Administrateur de Freelens

    Olivier Touron - Photojournaliste 21 novembre 2011 12:47
    Trait de séparation
  • Ouais, parce que la crise du photojournalisme, c’est un problème de processus, c’est bien connu, pas un problème plus fondamental, oh non monsieur. Et l’art, c’est l’esthétique, de toutes façons... Si face à la crise du photojournalisme, les gens qui écrivent sur la (ou parlent de) photographie en restent à ce niveau-là, il y a effectivement énormément de soucis à se faire.

    matthias bruggmann 21 novembre 2011 12:19
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  • Karim Ben Khelifa explique sa démarche dans un portfolio sonore sur LeMonde.fr :
    http://photographie.blog.lemonde.fr...

    21 novembre 2011 12:11
    Trait de séparation
  • Dommage que la mention sur les photos de James Nachtwey, retravaillees lourdement, dix ans apres leur premiere publication ne fasse pas partie de l’article car en terme de filtrage et de photoshop, elles n’ont rien a envier a ce qui se fait avec l’Iphone aujourd’hui. Ce n’est pas l’appareil qui fait les photos mais le photographe, ce ne sont pas les applications qui racontent une histoire et un evenement mais le journaliste.
    Les photos de James retravaillees sont sur ce lien
    http://lightbox.time.com/2011/09/07...
    Les originals ici
    http://iconicphotos.wordpress.com/2...

    Karim Ben Kheifa 21 novembre 2011 11:46
    Trait de séparation
  • Dommage que la mention sur les photos de James Nachtwey, retravaillees lourdement, dix ans apres leur premiere publication ne fasse pas partie de l’article car en terme de filtrage et de photoshop, elles n’ont rien a envier a ce qui se fait avec l’Iphone aujourd’hui. Ce n’est pas l’appareil qui fait les photos mais le photographe, ce ne sont pas les applications qui racontent une histoire et un evenement mais le journaliste.

    Karim Ben Kheifa 21 novembre 2011 11:46
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