21 décembre 2013

LA CUEILLETTE DU NET

Chaque mois, 6Mois vous propose une sélection d’histoires piochées sur la toile. Cette semaine, les enfants vagabonds dans la Russie de 1920, une Coréenne décoratrice d’intérieur, des nomades américains et des machos pris en flagrant délit.





Les vagabonds russes
Ils sont jeunes, sales et maigres. Orphelins pour la plupart. Ils ont faim et froid, ils vivent dans les rues de Moscou, Arkhangelsk, Odessa. Ce sont des enfants de l’entre-deux guerres en Union soviétique. Les photos datent du début des années 1920, elles ont été prises quelques années après la révolution bolchévique. Elles montrent des gosses qui se débrouillent, en haillons sur un bout de trottoir, qui jouent, sourient, vivent malgré tout. La Russie compte alors entre 4 et 7 millions d’enfants sans-abris. Ces clichés sont tirés des archives du Musée d’histoire contemporaine de Moscou.



Le rêve dans 15m2
Jee Young Lee est une artiste coréenne un peu à l’étroit dans son appartement, alors régulièrement, elle change la déco. Son unique pièce de 15m2 lui sert de studio photo mais aussi de page blanche où laisser vagabonder son esprit. Un monde tout en Légo, un labyrinthe de tuyaux, un jardin bucolique, un paradis cotonneux où elle pose entre deux nuages. Le résultat est étonnant. Son souci du détail lui impose plusieurs semaines, voire plusieurs mois de préparation avant de passer à la photo. Elle fait tout elle-même et garantie un résultat sans retouche.



La seconde magique
Ce sont vingt personnes atteintes d’un cancer. Certaines savent qu’elles ne seront pas guéries. Au journaliste, elles racontent le choc d’apprendre que « le temps est compté », leur difficulté à « croquer la vie » en sachant que ce mal les ronge. Ces vingt personnes, hommes et femmes, ont été habillées puis maquillées sans qu’elles se voient. La photo est un avant/après. Elle fige l’instant magique, la microseconde pendant laquelle les gens se découvrent avec la tête d’un autre.



Pris sur le vif
A force de se faire siffler dans les rues de Philadelphie, Hannah Price a décidé de réagir. Armée de son appareil photo, elle shoote ceux qui la harcèlent. « Une fois qu’un mec m’a sifflée, selon la situation, je prends spontanément la photo ou je vais jusqu’à lui pour lui demander si je peux l’immortaliser. Généralement ils acceptent et on parle de nos vies tandis que je prends le cliché », explique-t-elle dans une interview au Morning News. D’un coup, le rapport de force s’inverse. L’observateur devient observé. Le macho se retrouve en position de faiblesse.



Au réveil sur les parkings
Nolan Conway a passé trois semaines sur des parkings de Walmart, les supermarchés américains. Pour sa série de portraits « Waking up at Walmart », le photographe a posé ses valises à Flagstaff, Arizona. Au petit matin, il a frappé à la porte des camping-cars pour discuter avec les gens, pas tout à fait réveillés. Ici, Nolan photographie quatre amis en voyage vers le Montana. Sophia, la petite blonde assise à côté de son copain, décrit sa vie sur la route comme « la chance de faire ce qu’on veut sans avoir à s’inquiéter des factures à payer ou de ce qui va nous arriver le jour d’après ». Elle a appelé son chien Kerouac.



Trait de s?paration
Trait de s?paration
Trait de s?paration

Version imprimable de cet article Version imprimable
Partager


En librairie

N°13 - PRINTEMPS 2017

DES BÊTES ET DES HOMMES


Enquête LE BUSINESS DE LA FOURRURE

Photobiographie ERDOGAN LE SULTAN

Portfolio L’APPEL DE LA VOLGA

Septembre 2017

trait de séparation

Les coulisses d'une photo, racontées par son auteur

Reportages, enquêtes, coups de coeur de la rédaction

Au micro de 6Mois, des lecteurs réagissent à une histoire publiée dans la revue

Chaque mois, le libraire Marc Pussemier conseille un livre de photographie