14 janvier 2016

Les dessous de l’image

La danse du kakehil

Theo Rouby

Chaque semaine, un photographe décrypte l’une de ses images qui l’a marqué.



« Je suis parti en août dernier au Vanuatu pour observer les traces laissées par le cyclone Pam six mois après. J’ai passé trois jours chez Ligai Kowia, dans le village de Yakel, sur l’île de Tanna. L’endroit est encore préservé, les habitants portent des nambas (les pagnes traditionnels), cultivent selon les savoir-faire ancestraux… La tradition est ancrée dans le mode de vie.


Ce matin-là, j’ai suivi mon hôte dans son jardin. Je ne rate jamais un jardin en Océanie : l’endroit incarne la résistance à la consommation de masse. Les villageois se nourrissent principalement de ce qu’ils font pousser : le taro, l’igname, la patate douce… Ils vendent aussi du café à la coopérative, pour payer les soins et les vêtements des enfants.



Dans le jardin, cet énorme morceau de bois m’a interpelé. Je n’en avais jamais vu. La plupart des gens travaillent la terre avec des tiges en fer. Le kakehil est un outil traditionnel en bois imputrescible qui sert à creuser des trous. Ligai Kowia s’en est saisi et a commencé à creuser. Ça nécessite une grande force physique et une technicité qui se transmet de génération en génération.


Le contraste entre le poids de l’outil et la légèreté du mouvement de Ligai m’a frappé. On dirait qu’il danse… »


Propos recueillis par Victoria Scoffier



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