11 décembre 2015

Les dessous de l’image

La prière

Eduardo Leal

Chaque semaine, un photographe décrypte l’une de ses images qui l’a marqué



« Quand j’étais petit, je regardais souvent les « touradas » à la télévision portugaise. Dans une arène, un groupe de « forcados » doit immobiliser un taureau à mains nues. Il n’y a pas de mise à mort. C’est très dangereux pour les hommes. Ça m’intriguait.


Plus tard, en devenant photographe, j’ai eu envie de photographier cet univers. J’ai d’abord eu du mal à me faire accepter par un groupe : les forcados sont méfiants avec les journalistes, car la tradition reste contestée.


Un ami m’a fait entrer dans un groupe d’Evora, à l’ouest de Lisbonne. Ces hommes sont proches, soudés, comme une grande famille. Ils m’ont fait porter leur costume et entrer avec eux dans l’arène pour ressentir la tension qui s’en dégage.


Ils sont aussi très croyants. Avant l’ouverture de la tourada, une trompette sonne la prière. J’avais observé ce rituel plusieurs fois, je voulais l’avoir en photo. La tourada un jeu d’hommes machos, virils… Cette photo montre autre chose : leur faiblesse. Juste avant d’affronter le taureau, ils ont peur, ils font face à eux mêmes, ils prient. Ils savent qu’ils peuvent sortir gravement blessés de l’arène. »


Propos recueillis par Victoria Scoffier



Trait de s?paration
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