14 septembre 2011

PHOTOQUAI, à l’écoute du "bruit du monde"

La 3e Biennale des Images du Monde, ou PHOTOQUAI, a ouvert ses portes le 13 septembre au Musée du Quai Branly. Un parcours initiatique dans les jardins et sur les berges de la Seine, orchestré par l’architecte Patrick Jouin, nous plonge au cœur de la jeune photographie étrangère.



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© Hassan Hajjaj

Créé en 2007 par le Musée du Quai Branly, PHOTOQUAI consacre ses espaces d’exposition à la photographie non-occidentale. La direction artistique a été confiée cette année à Françoise Huguier. Créatrice de la première Biennale de la photographie africaine à Bamako, commissaire de plusieurs manifestations artistiques, la photographe a voulu, pour cette troisième édition, faire entendre « le bruit du monde », « montrer des vérités et non pas une vérité ». Avec l’aide de spécialistes de l’image tels que Christian Caujolle, Olivier Culmann, Christine Barthe, Christine Eyene… Françoise Huguier a déniché aux quatre coins du monde des talents photographiques émergents, souvent peu connus en Europe. Pas moins de 46 photographes, issus de 29 pays, sont présentés à la Biennale.
L’exposition fait dialoguer les sociétés à travers l’entremêlement des regards photographiques. Les panneaux d’exposition, disposés en face à face et serpentant le long des quais, invitent le visiteur à zigzaguer entre les images, et ce faisant, entre les cultures.

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© Musée du quai Branly, photo Gautier Deblonde


La palette est variée, elle oscille entre la photographie documentaire et la photographie artistique.
Le reportage du Colombien Julian Lineros s’inscrit dans la veine du photoreportage, et il rend compte de l’entraînement d’un groupe paramilitaire d’extrême droite de Colombie.

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© Julian Lineros

Andrew Esiebo, photographe nigérian, pose un regard décalé sur l’engouement de l’Afrique du Sud pour le football. Il a rencontré les membres de l’équipe Gogo Getters : ces vieilles femmes, le plus souvent grands-mères, ont posé pour lui dans leur intérieur, et sur le terrain, en tenue de compétition.

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© Andrew Esiebo

A la manière d’un peintre hollandais, le photographe Michel Tsegaye dévoile dans ses jeux de lumière la vie quotidienne de prostituées en Ethiopie.

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© Michael Tsegaye


La photographie artistique, ou globalement issue d’une réflexion plus conceptuelle, est cependant prédominante dans la sélection du PHOTOQUAI 2011.
Les images du Russe Sergey Loier, faites de vieux meubles, de chevelures blondes et de teintes bleues et grises, cherchent à révéler la beauté intérieure de jeunes orphelines.

Le Coréen Chan-Hyo Bae s’interroge sur l’assimilation culturelle en Grand Bretagne, en réalisant une série d’autoportraits imitant la scénographie de tableaux historiques.
Le photographe Mohan Verma questionne la représentation identitaire des Indiens, entre influence occidentale et traditions.
Le Marocain Hassan Hajjaj questionne avec humour les stéréotypes de la société arabo-musulmane.


Tout au long de la Biennale, une série de rencontres, de projections et de conférences sera organisée.




Victoria Scoffier




PHOTOQUAI, au musée du Quai Branly, du 13 septembre au 11 novembre 2011.
www.photoquai.fr



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