1er septembre 2014

Visa pour l’image

Perpignan,
capitale du photojournalisme

La 26e édition du festival Visa pour l’image a ouvert ses portes samedi. Vingt-six expositions sont à découvrir jusqu’au 14 septembre.



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©Mazen Saggar


C’est un rituel immuable. Chaque année au début du mois de septembre, les photojournalistes du monde entier convergent en direction du sud de la France pour une semaine de retrouvailles aux airs de réunion familiale. Loin des conflits, loin de la crise qui hante le milieu, ils prennent une pause pour faire étape à Perpignan. Cette parenthèse porte un nom : Visa pour l’image. Ouverte à tous, la 26e édition du festival a été inaugurée ce week-end. Au programme, une vingtaine d’expositions et six soirées de projection entièrement gratuites. Tour d’horizon.



Ceux du Nord

Ils étaient aux côtés des Vietcongs quand Larry Burrows, Don McCullin ou Gilles Caron rampaient avec les soldats américains. Près de quarante ans après la fin de la guerre du Vietnam, le photographe Patrick Chauvel, qui a lui aussi couvert le conflit, a retrouvé plusieurs de ses homologues nord-vietnamiens. Quatre d’entre eux sont exposés à Perpignan. Un regard inédit sur l’un des plus grands face à face du vingtième siècle.

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1966. À 19 ans, Nguyen Thi Hien est chef d’escouade. Elle a survécu à plus de 800 raids aériens et a été enterrée vivante à quatre reprises lors des explosions des bombes de B-52. ©Maï Nam
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1970. Des éclaireurs nord-vietnamiens sont à la recherche d’un passage au milieu des rapides pour les unités de logistique qui suivront avec le ravitaillement en vivres et munitions. ©Doan Công Tinh
































Le train des oubliés

Ce fut le projet le plus couteux de l’ère soviétique. Construite pour la majeure partie dans les années 1970, la ligne ferroviaire Baïkal-Amour Magistrale traverse l’Extrême-Orient russe sur plus de 4000 kilomètres. Avec elle, sont nés des dizaines de villages perdus au milieu de la taïga. Mais en 1991, tout s’arrête. Les habitants installés le long du chemin de fer sont abandonnés à leur sort. Aujourd’hui sur la ligne, ne circule plus qu’un train médical mis en place par les autorités pour pallier l’absence totale d’infrastructures le long du réseau. William Daniels est monté à bord.

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Un médecin et une infirmière du « Matvei Mudrov » font passer un électroencéphalogramme. © William Daniels / Panos Pictures / National Geographic Magazine




Typhon aux Philippines

Le 9 novembre 2013, au lendemain du passage de Haiyan sur les Philippines, l’Agence France Presse est la première sur les lieux du drame. A Tacloban, vingt-quatre heures avant tous leurs concurrents, ses photographes découvrent un paysage apocalyptique.

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Tolosa, île de Leyte, côte orientale des Philippines, 18 novembre 2013. Dix jours après le passage destructeur du typhon Haiyan, une procession religieuse est organisée. Selon les estimations des Nations unies, 13 millions de personnes ont été touchées par le typhon et 1,9 million ont perdu leur maison. ©Philippe Lopez / AFP




Une prison aux mains des détenus

Le scénario est digne d’un film. Au Vénézuela, la prison Vista Hermosa est devenue une zone de non-droit. Relégués à l’extérieur du mur d’enceinte, les gardiens ont cédé le contrôle de la taule aux prisonniers. Sebastian Liste est allé là où les autorités ne mettent plus les pieds.

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Ronde de routine du Carro, un groupe de détenus armés qui a pour charge de surveiller la prison. © Sebastián Liste / NOOR pour Time Magazine et Fotopres "La Caixa" Grant




L’Europe en guerre

En Ukraine, les manifestations ont laissé place aux affrontements armés entre pro-européens et pro-russes. Alors que la crise se durcit dans l’est du pays, à la frontière Russe, Visa revient sur les premiers mois du conflit avec les travaux de Guillaume Herbaut et Maxim Dondyuk.

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19 février 2014. Après les affrontements, les forces de l’ordre sont restées sur la place de l’Indépendance. © Maxim Dondyuk, lauréat du Prix de la Ville de Perpignan Rémi Ochlik 2014


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Deux cosaques sur une barricade défendue par des militants pro-européens à côté de la place de l’Indépendance. Kiev, Ukraine, 9 décembre 2013. © Guillaume Herbaut / Institute




Crise en Centrafrique

Pierre Terdjman, Michaël Zumstein et William Daniels ont chacun passé plusieurs semaines en Centrafrique pour photographier les affrontements entre Chrétiens et Musulmans qui saignent le pays depuis plus d’un an.

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Pillage d’un magasin musulman par des chrétiens dans le quartier « Combattants » à Bangui. © Pierre Terdjman Exposition produite par Paris Match


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République centrafricaine, 15 décembre 2013. Des hommes du « Mouvement de révolte des forces armées centrafricaines pour le peuple », à majorité chrétienne, reçoivent une instruction militaire dans une école de Bangui. © Michaël Zumstein / Agence VU pour Le Monde


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Des déplacés protestent contre le manque de nourriture dans le camp de Don Bosco qui abrite près 18 000 personnes ayant fui les violences entre Séléka et anti-balaka à Bangui. © William Daniels / Panos Pictures - Lauréat du Visa d’or humanitaire du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) 2014




La guerre du silence

Lauréate du prix Canon 2013, Mary Calvert expose son travail sur les viols au sein de l’armée américaine que nous avions présenté l’an passé.

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Nancy Parrish, présidente de l’association « Protect Our Defenders », réconforte le sergent Norris après son témoignage à l’audience de la commission des forces armées de la Chambre des représentants, à Washington.© Mary F. Calvert / Zuma Press - Prix Canon de la femme photojournaliste 2013 décerné par l’AFJ




Le mur de la peur

Arrestations, tortures, exécutions : la frontière entre le Bangladesh et l’Inde passe pour la plus dangereuse au monde. Depuis vingt ans, un mur sépare les deux pays. Pourtant, les Bangladais, plus pauvres et menacés par les changements climatiques, sont nombreux à tenter le tout pour le tout dans l’espoir d’une vie meilleure. Publié dans le numéro 6 de 6Mois, le travail de Gaël Turine sur cette frontière de l’extrême est exposé à Perpignan.

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Inde, région de Balurghat. Une mère et ses deux enfants vont rendre visite à des membres de leur famille qui habitent dans un village voisin situé à proximité de la clôture. La route a été construite par la Border Security Force indienne pour faciliter les mouvements de troupes le long de la frontière.© Gaël Turine / Agence VU




Mongolie, l’eldorado n’existe pas

Prenant le contrepied de ceux qui font de la Mongolie une terre pleine de promesses, Olivier Laban-Mattei s’est penché sur les ravages causés par l’exploitation intensive du sous-sol.

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Paysage d’hiver à Bayan Khoshuu, un quartier déshérité situé à l’ouest d’Oulan-Bator. © Olivier Laban-Mattei / The Mongolian Project / MYOP




La tour de David

Caracas. Une tour de quarante cinq étages offre une vue imprenable sur la ville et la chaîne montagneuse de l’Avila. Ses promoteurs avaient juré d’en faire un centre financier ultramoderne. Le projet fut abandonné. La « tour de David », investie par des squatteurs, est devenue le plus haut bidonville du monde. Trois milles personnes y vivent. Le photographe Jorge Silva s’est invité dans leur univers.

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Une femme à l’œuvre dans l’atelier de couture qu’elle a créé chez elle. © Jorge Silva / Reuters




Rohingyas, une minorité sans voix

Bruno Amsellem s’est rendu en Birmanie pour donner un visage à la minorité Rohingyas, victime d’exactions depuis juin 2012, sous l’œil complaisant des autorités.

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Depuis les émeutes de juin 2012, plus de 140 000 personnes appartenant à la minorité musulmane des Rohingyas sont confinées dans des camps de déplacés dans l’État de l’Arakan. 
Sittwe, Birmanie (Myanmar), août 2013. © Bruno Amsellem / Signatures




Hommage

Le meurtre sauvage de James Foley par les islamistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant a traumatisé le monde entier. Comme lui, cette année, soixante-dix journalistes sont morts en reportage, un bilan particulièrement lourd et inquiétant. En exposant les photos de Chris Hondros, décédé en 2011 en Libye, et celles d’Anja Niedringhaus, assassinée au printemps 2014 alors qu’elle couvrait les élections en Afghanistan, Visa pour l’image rend hommage à ceux qui risquent leur vie pour témoigner.

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Monrovia, Liberia, 23 juillet 2003. Ce soldat des forces pro-gouvernementales vient de tirer une roquette sur les forces rebelles. © Chris Hondros / Getty Images


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Garçons dans une école de fortune. Province de Nangarhar, Afghanistan, 19 mars 2013. © Anja Niedringhaus / Associated Press




Les expositions sont ouvertes au public tous les jours de 10h à 20h, du 30 août au 14 septembre. Entrée gratuite. L’ensemble du programme ainsi que la liste exhaustive des travaux présentés à l’occasion de cette 26e édition sont disponibles sur le site du festival Visa pour l’image : www.visapourlimage.com



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