28 janvier 2012

Petite prospérité africaine, par Joan Bardeletti

L’Afrique que nous connaissons est un continent de contrastes : pauvreté, misère, ou, à l’inverse, richesse démesurée. Qui s’imaginait qu’il existait une classe moyenne sur ce continent ? Le photographe Joan Bardeletti en dresse le tableau dans un livre édité par Images en Manœuvre : Petite prospérité.



La démarche est nouvelle, atypique. Des chercheurs en sciences sociales du Centre d’Etudes d’Afrique Noire à Bordeaux se sont associés au projet du photographe. Ensemble, ils définissent les « classes moyennes » africaines comme des « personnes qui disposent d’une somme qu’ils peuvent choisir de dépenser ou non, une fois qu’ils ont satisfait à leurs besoins essentiels ». Avec un revenu qui oscille entre 2$ et 15$ par jour, elles investissent massivement dans l’éducation de leurs enfants, habitent de nouveaux quartiers, plus confortables. Cette « petite prospérité » n’entre pas dans les critères de définition de la classe moyenne mondiale. Pourtant, environ 200 millions d’Africains sont concernés.

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Ousmane, qui a grandi et vit toujours à Kibera, le plus grand bidonville d’Afrique, a commencé par être caddy pour des étrangers. Aujourd’hui chauffeur dans une entreprise étrangère avec un revenu mensuel de 300 euros, il revient tous les lundis jouer au golf et revoir ses amis. © Joan Bardeletti

Le photographe ardéchois a rencontré une soixantaine d’hommes et de femmes, à travers cinq pays du continent : Cameroun, Maroc, Mozambique, Kenya, Côte d’Ivoire. Ils sont gardiens, instituteurs, entrepreneurs, journalistes, techniciens, restaurateurs… Joan Bardeletti les photographie dans leur travail, leur quotidien, leurs loisirs. À la fin de l’album, quelques récits de vie zooment sur certaines figures plus emblématiques, comme Sally, une gérante de restaurant qui suit des cours du soir pour intégrer une ONG, ou Enan, qui tient cinq magasins de réparation de photocopieuses.

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À 33 ans, Sally a repris les études pour décrocher un diplôme et travailler dans une ONG. Après une journée au restaurant, à minuit, elle rédige son mémoire à la chandelle à cause d’une panne d’électricité. © Joan Bardeletti

Suite à ce projet, Joan Bardeletti veut développer son approche pluridisciplinaire. Avec le photographe Alban Biaussat, il a fondé Collateral Creations, une plateforme réunissant experts scientifiques et photographes. Actuellement, ils se lancent dans un reportage jumeau : montrer les Africains à travers leurs pratiques alimentaires.


Victoria Scoffier





Petite prospérité. Les classes moyennes en Afrique.
Joan Bardeletti
Images en Manoeuvres Éditions





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Commentaires Comments
  • Les cas montrés dans ce texte sont encore bien en dessous de la réalité. A 23 ans, en Côte d’Ivoire (Afrique de l’ouest) certains ont 400 euros de revenus net par mois. Et encore, beaucoup reçoivent bien plus !
    Parler de classe moyenne en CI c’est aller chercher autour de 1000 euros par mois. Pour un Français ce n’est pas grand chose, mais en Afrique ça fait la différence !

    Polman 20 septembre 2013 22:01
    Trait de séparation
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