3 septembre 2013

VISA POUR L’IMAGE

Première soirée de projection : coups de coeur

Le festival de photojournalisme Visa pour l’Image fête ses 25 ans. Jusqu’au 15 septembre, une vingtaine d’expositions sont à découvrir dans les rues de Perpignan. Et cette semaine, tous les soirs, des reportages sont projetés en plein air. Retour sur la sélection de lundi.



Être projeté à Visa, c’est voir son reportage, travail parfois de plusieurs années, présenté sur écran géant dans le cloître du Campo Santo, juste sous les étoiles : forcément, ça fait toujours quelque chose. Pour la soirée d’ouverture, lundi 2 septembre, une quinzaine de photographes partageaient cet honneur. Parmi eux, des noms pas tout à fait inconnus des lecteurs de 6Mois.

JPEG - 85.3 ko
« Soir de carnaval à Nivelles, tout le monde boit dans les rues. Sur les coups de quatre heures, la patrouille tombe sur un type déguisé en panda, il a l’air vraiment saoul. Les policiers le ramènent chez lui. »
©Sébastien Van Malleghem


Sébastien Van Malleghem, par exemple. Il a ouvert la soirée avec son travail d’écorché vif, en noir et blanc, sur la police belge (lire notre article publié en janvier). Entre 2006 et 2012, le photographe a passé des dizaines de nuits en patrouille aux côtés des « flics » belges pour se faire une place dans la « famille ».

PNG - 522.5 ko
Mexico, 1996 – La nuit tombe, Marisol est dans ses pensées, elle attend que le camion de la ville vienne déverser ses ordures. Avec ses frères et soeur, elle fouille la décharge à la recherche d’objets recyclables.
©Janet Jarman


Projeté lundi soir également, le travail de Janet Jarman publié dans le numéro 5 de 6Mois sur la vie de Marisol, jeune immigrée ballotée entre les Etats-Unis et le Mexique. Janet avait rencontré Marisol enfant alors qu’elle ramassait des ordures dans une décharge au Mexique. Le regard de la fillette l’avait troublé, la photographe avait décidé de l’accompagner chez elle. Elle suivra Marisol pendant dix-sept à travers deux pays, trois grossesses et un divorce.

JPEG - 71.2 ko
11 millions de personnes vivent à Manille, capitale des Philippines. Le cimetière Nord est le plus grand de la ville. La plupart des tombes sont louées pour cinq ans, après quoi les corps sont exhumés pour laisser place à de nouveaux arrivants. ©James Chance


A Manille aux Philippines, 2 000 personnes vivent au milieu des morts dans le plus vieux cimetière de la ville. Avec 80 enterrements par jour, les résidents ont créé une véritable économie autour des services funéraires. Certains s’en sortent assez bien pour envoyer leurs enfants à l’école privée. James Chance s’est glissé parmi eux pour observer la « résilience » de cette communauté qui « tire le meilleur de trois fois rien ».

JPEG - 98.6 ko
C’est la fin du mois de juin, deux femmes sont devant leur hutte de terre dans le camp d’automne de la famille, après un orage de grêle. Les nomades s’arrêtent parfois ici quand l’herbe pour leurs troupeaux est trop rare dans les camps d’été ou d’hiver. ©Matthieu Paley


Matthieu Paley réalise des images d’une beauté sidérante. Il a suivi les Kirghiz nomades d’Afghanistan vivant sur le toit du monde, dans les montagnes du Pamir, l’un des environnements les plus hostiles qui soit. « Une vie paradisiaque, et un enfer sur terre », écrit le photographe. Il vient de publier un livre sur cette région qu’il explore depuis dix ans, Pamir.

Les soirées de projection ont lieu chaque soir au Campo Santo à 21h45 jusqu’au 7 septembre. Les expositions sont ouvertes au public jusqu’au 15 septembre. Tout au long de la semaine, 6Mois vous fera partager ses coups de coeur du festival. Parmi les grands noms exposés cette année, Don McCullin, Joao Silva ou encore John G. Morris, l’homme qui envoya Robert Capa sur les plages du débarquement en 1944, éditeur historique du magazine Life et photographe insoupçonné.

Mathilde Boussion



Les sites Internet des photographes :
www.sebastienvanmalleghem.eu
janetjarman.com
www.jameschance.com
www.paleyphoto.com

Retrouvez le programme du Visa ici.
Les soirées de projections ont lieu tous les soirs, du 2 au 7 septembre, à 21h45, au Campo Santo à Perpignan.



Trait de s?paration
Trait de s?paration
Trait de s?paration

Version imprimable de cet article Version imprimable
Partager


En librairie

N°13 - PRINTEMPS 2017

DES BÊTES ET DES HOMMES


Enquête LE BUSINESS DE LA FOURRURE

Photobiographie ERDOGAN LE SULTAN

Portfolio L’APPEL DE LA VOLGA

Septembre 2017

trait de séparation

Les coulisses d'une photo, racontées par son auteur

Reportages, enquêtes, coups de coeur de la rédaction

Au micro de 6Mois, des lecteurs réagissent à une histoire publiée dans la revue

Chaque mois, le libraire Marc Pussemier conseille un livre de photographie