30 octobre 2013

Le choix de Marc

Vagabondages,
de Sergio Larrain

Chaque mois, le libraire Marc Pussemier vous conseille un livre de photos

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© Sergio Larrain, Éd. Xavier Barral

« La monographie de Sergio Larrain, réalisée par Agnès Sire et Gonzalo Leiva Quijada, est un livre formidable. Un bijou ! Regardez ces images des enfants des rues de Valparaiso, au Chili : il se met toujours à leur hauteur, il est au ras du trottoir. Le tiers, la moitié de l’image, c’est le trottoir. Il est AVEC eux, et ça fait toute la différence.

Sergio Larrain était un original. Issu de la bourgeoisie chilienne, tombé presque par hasard dans la photo, il est entré à l’agence Magnum par admiration pour Henri Cartier-Bresson. Mais il a toujours eu un côté mystique : une photo pour lui, c’était une révélation. Il pensait qu’avec le temps, son œil allait se tarir. Il avait peur d’accepter des commandes, de se répéter. Il était trop exigeant envers lui-même pour faire ce métier comme les autres.

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© Sergio Larrain, Éd. Xavier Barral

À la fin des années 1970, il s’est retiré sur une montagne chilienne pour se consacrer à la méditation. Il ne voulait plus qu’on exploite son œuvre. Il a changé d’avis à la toute fin de sa vie, et Agnès Sire et Gonzalo Leive Quijada ont attendu sa mort, en 2012, pour publier cette monographie et organiser une rétrospective à Arles cet été.
Tout ce temps, je l’ai attendue.

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© Sergio Larrain, Éd. Xavier Barral

À la fin du livre, il y a une lettre de conseils à son neveu, qui veut devenir photographe. Cette lettre dit tout, pour moi. Elle dit que l’appareil, c’est un outil, un prolongement de ton âme, et que pour être un bon photographe, il faut ouvrir ton cœur. Qu’il faut partir à l’aventure, errer, errer encore. Sergio Larrain écrit : « Des images vont te parvenir. Prends-les ». Pour lui, les photos ne vont pas se chercher, elles doivent être accueillies. Puis il conseille d’afficher ses images sur un mur, de vivre avec elles et de jeter celles qui ne résistent pas au temps. Il faut se débarrasser du médiocre. C’est une philosophie entière, des conseils parmi les meilleurs que l’on puisse donner aux photographes.

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© Sergio Larrain, Éd. Xavier Barral

Ce livre transpire la sincérité. Et regardez ces compositions, ces jeux de lumière ! Sergio Larrain est l’un des plus grands. On retrouve une parenté avec les constructions géométriques de Cartier-Bresson : des photos de presque rien, mais tellement belles. Oui, il y a de la magie là-dedans. »

Vagabondages
Sergio Larrain
Par Gonzalo Leiva Quijada et Agnès Sire
Xavier Barral Éditions
380 pages, 65€
Des images exposées jusqu’au 22 décembre à la Fondation Henri Cartier-Bresson, 2 impasse Lebouls, 75014 Paris.

Pour rendre visite à Marc Pussemier :
Librairie Photographique Le 29
29 rue des Récollets
75011 Paris
Site Internet : http://le29.fr/
01 40 36 78 96



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