31 août 2015

Visa 2015

Le festival international du photojournalisme ouvre sa 27ème édition à Perpignan.



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©Bülent Kilic

C’est à la fin de l’été, quand les écoliers préparent la rentrée, que les photoreporters posent leurs valises à Perpignan. Créé en 1989 par Jean-François Leroy, qui en assure toujours la direction, Visa pour l’Image s’est imposé comme le plus grand festival de photojournalisme du monde. Entièrement gratuit, il attire près de 230 000 personnes aux expositions disséminées aux quatre coins de la ville.

La semaine des projections s’ouvre ce lundi, sur le site du Campo Santo. Sous forme de rétrospective de l’année écoulée, les images des photoreporters sont projetées au public en plein air, sur écran géant. Comme l’an dernier il sera question de Syrie, de Centrafrique, de virus Ebola, d’Ukraine, de Russie et de ce que l’on nomme désormais « la plus grave crise des réfugiés depuis la seconde Guerre mondiale ».

Parmi les vingt-cinq expositions officielles :

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© Viviane Dalles

Devenir mère ado
Viviane Dalles
Garder le bébé. L’an dernier en France elles étaient 5000 filles, entre 14 à 18 ans, à avoir fait ce choix. A la frontière belge, dans cette ancienne région prospère rongée par le chômage, Fourmies a même reçu le surnom de « Ville poussette ». Le planning familial a ouvert une antenne en 2013 pour informer les jeunes sur la sexualité, la contraception, l’avortement. Viviane Dalles, lauréate du prix Canon en 2014, a suivi le quotidien d’Amélie, Laurine, Stacy et Mélissa. Elle raconte que les premiers mois de grossesse sont les plus compliqués parce que la future mère doit affronter l’incompréhension de ses parents. Ensuite, souvent, les rapports s’améliorent. « Des liens encore plus forts se créent, surtout entre l’adolescente et sa mère. Mais à l’extérieur, dans une société où l’âge moyen pour avoir un premier enfant est de 30 ans, les regards restent pesants. »
A l’hôtel Pams

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©Bülent Kilic

De Kiev à Kobané Bülent Kilic Né en Turquie en 1979, Bülent Kilic a débuté sa carrière dans la presse locale avant de rejoindre la famille des reporters-photographes de l’AFP. Le magazine Time et le Guardian l’ont désigné photographe d’agence de l’année 2014. Il a remporté le World Press 2015 de la catégorie « Spot News » pour le cliché d’une jeune Turque blessée lors d’affrontements entre la police et les manifestants à Istanbul. Son implantation à Istanbul l’a amené à traverser plusieurs fois la frontière syrienne depuis le déclenchement de la guerre, en 2011. Il s’est notamment fait remarquer pour ses photos de la bataille de Kobané entre les forces kurdes et Daech à la frontière turco-syrienne.
A l’église des Dominicains

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© Andres Kudacki

Les expulsions en Espagne
Andres Kudacki
Carmen a 85 ans. Elle pleure parce qu’elle doit abandonner son appartement. Son fils a emprunté 70 000 euros à un particulier, le bien servait de garantie. Il n’a pas pu rembourser, l’appartement est parti aux enchères. C’est le nouveau propriétaire qui a réclamé l’expulsion de Carmen. Andres Kudacki est argentin, il photographie les expulsions en Espagne depuis 2011, quand la crise a fait exploser le taux de chômage au-delà des 25%. Ce jour-là, huit fourgons de police ont été mobilisés pour arracher Carmen à son salon.
A l’église des Dominicains

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© Edouard Elias

La Légion étrangère en République Centrafricaine
Edouard Elias
Le sangaris est un papillon rouge assez commun en Centrafrique. C’est le nom donné en 2013 à l’opération militaire française pour mettre fin aux massacres entre les rebelles musulmans de la Séléka et les milices chrétiennes anti-balaka. 2000 soldats français ont été déployés sur le terrain. A l’époque, Edouard Elias est otage de Daech en Syrie. Il est libéré en mai 2014 après onze mois de captivité et très vite il fait une demande auprès de l’armée pour photographier les hommes envoyés en Centrafrique. Il veut « rentrer dans la tête des combattants ». Pendant trois semaines il vit avec les légionnaires du deuxième régiment d’infanterie de Nîmes. Il avait demandé à « être envoyé le plus loin possible », il se retrouve à Bambari, à une journée de route de la capitale, Bangui. Etre journaliste au milieu des légionnaires n’est pas simple. « Il existe une tradition dans la Légion : pas de questions. C’est un peu embêtant mais j’ai joué le jeu. Plus que ça, j’ai fait comme eux. Je sentais qu’ils étaient curieux de mon expérience en Syrie alors j’ai décidé de ne pas en parler. Ma stratégie, c’était de lâcher quand ils lâchaient », raconte le photographe. Edouard Elias, 24 ans, reçoit cette année le prix Rémi Ochlik du jeune reporter pour ce reportage.
Au Couvent des Minimes

Mathieu Palain et Mathilde Boussion



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